le Kumite en compétition

Un seul fondement : marquer un point le premier. Pour le karaté de compétition, la distance est primordiale, il est impératif de maîtriser les différentes distances et notamment celles de sécurité et d’échange.

La stratégie de combat est de pénétrer la distance d’échange sans se faire marquer de points, et de placer un ippon, un nihon ou sambon.

Dans le karaté sportif, il est possible de classifier les compétiteurs en 2 catégories : l’attaquant et le contreur.

Le Contreur

Bien défendre et contrer est aussi difficile que bien attaquer.

Le contreur devra déclencher son action et développer ses facultés sensitives tout en évitant les pièges et feintes de l’attaquant. Il lui faudra une résistance psychologique à la pression qui lui sera imposée. Ses armes pour déjouer la vraie ou fausse attaque sont l’esquive, le blocage, la feinte ou la désaxe du corps.

Au moment le plus opportun, le contreur laissera l’attaquant pénétrer sa zone de sécurité, bloquera l’attaque et pourra contrer et marquer le point dans le même temps. Soit le contre est bon et la technique marque, soit le contre est imprécis. Dans ce cas, il est primordial que le corps et l’esprit aillent vers l’avant tout en passant à l’attaque en contrôlant sa zone de sécurité.

Le contre idéal s’effectue à l’instant où l’attaquant « pense » son attaque.

Pour une bonne maîtrise du combat, le contreur peut feinter une instabilité. Alors, il peut se mouvoir latéralement pour éviter les attaques. Le recul en ligne droite est à prohiber car il facilite l’action de l’attaquant.

La tactique est de simuler que la pression nous touche pour qu’il attaque. Cela implique un mental concentré, lucide et clairvoyant ; une fois acculé, le contreur simulant sa faiblesse riposte avec une attaque simple et éclair. L’adversaire pensant être en état de supériorité aura une triste surprise en subissant la réaction offensive du contreur. Psychologiquement trompé, il sera désarmé face à la contre-attaque.

Un contreur doit absolument « sentir », décoder, anticiper les intentions de son ennemi. Il ne laissera pas l’attaquant développer sa technique, il réagit dès l’instant où il y a introduction dans la zone d’échange et au départ du premier mouvement offensif.

L’attaquant

Il prend l’initiative d’entrée sur le combat. Il va spontanément engager la confrontation. Son esprit est tourné vers l’action explosive réfléchie et la « touche marquante ». Il construit et organise ses attaques, il ne s’agit pas de foncer tête baissée et de se faire contrer.

Pour éviter les surprises, l’attaquant doit maîtriser la distance d’attaque et la distance de touche. Le but est d’entrer et de sortir en marquant un point sans se faire toucher.

Pour diriger le combat, il faut savoir imposer la pression. Sur l’aire de combat, la présence du combattant et ses avancées de corps ne sont pas l’assurance du succès. Une pression maintenue et maîtrisé permet de profiter des faiblesses de l’adversaire : fuite en ligne droite ou désordonnée, perte de concentration, affolement, mauvais blocage, sortie de l’aire de combat, déséquilibre…

L’astuce est de simuler de fausses attaques et de rester mobile, tout en multipliant feintes et déplacements de corps. Le contreur sera dans le brouillard. La mobilité permanente de l’attaquant sera un handicap très gênant pour le contreur, elle masquera les départs qui sont souvent très indicatifs sur les intentions de l’individu.

Une cible mouvante est plus difficile à toucher qu’une cible statique.

Les simulations de fausses attaques, les niveaux variés de feintes seront des atouts pour déstabiliser l’esprit de l’adversaire. Laisser aller son esprit vers la créativité, tenter ses « spéciaux » (ou « coups d’entraînements »), varier les hauteurs, innover dans les enchaînements.

Préparation et pression jumelées correctement, l’attaque pourra alors aller jusqu’à la fin de son action.

Attaquer sans mobilité et sans conviction le contreur en garde et prêt, c’est lui faciliter son travail. Tant qu’il sera mobilisé en défense :

Psychologiquement, il ne sentira pas d’action positive, puisqu’il subit.
Physiquement, il sera forcé de céder du terrain, le contre étant plus difficile à effectuer en reculant.

Dès que tu trouves une faille chez ton adversaire, tu dois le frapper en rafale. Tu dois te défendre avec des yeux perçants, avec des jambes et des mains agiles. Si tu te relâches un instant, c’est le moment où l’adversaire lancera son assaut.

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